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Places de parkings en sous-sol : vers un assouplissement ?

Il est souvent dit que le secteur de la construction est sur-règlementé dans le canton. Voici un exemple concret qui vient confirmer ce propos. Souvent ignoré par le public, la législation genevoise impose aux promoteurs des ratios minimums de places de stationnement par logement pour toute nouvelle construction. Ces ratios se calculent en fonction des surfaces brutes de plancher projetées dans le projet de construction. Il en va de même pour les cases visiteurs.

Ces ratios de stationnement sont fixés en fonction de 7 secteurs délimités selon une carte, allant de 0,5 places minimums par habitant au centre-ville (sauf l’hypercentre où aucun ratio n’est prévu) jusqu’à 1,6 pour les régions périphériques du canton. D’une manière générale, le revenu d’exploitation des parkings doit supporter leur coût de réalisation.

Depuis de nombreuses années, les professionnels de l’immobilier préconisent la réduction, voir la suppression de ces ratios de places de stationnement sur fonds privés, au vue de la baisse significative de la demande, la réalité étant que les modes de déplacement évoluent. Aujourd’hui de nombreuses places de stationnements restent vides dans les sous-sols des immeubles. Cela se vérifie notamment par le taux de vacance dans les nouveaux projets de construction, avec environ, tout secteur confondu, un taux de vacance de 45% lors de la première mise en location.

En ce qui concerne la politique de l’octroi des macarons, elle semble aujourd’hui absurde, puisque d’un côté l’on incite le citoyen à prendre un macaron à bas prix, et de l’autre, les promoteurs se voient obligés de construire des places de parking en quantité, notamment en sous-sol. Ces places de parking ont des coûts de construction élevés (CHF 170-250.-/mois pour un parking en sous-sol) qui ne peuvent pas concurrencer le prix artificiellement bas de ces macarons (CHF 200.-/an). Pour être cohérent, soit l’on maintient le prix des macarons à un prix faible sans obliger à construire des quotas minimums de parking, soit l’on augmente le prix des macarons, afin de libérer les espaces en surface, et remplir les sous-sols des immeubles.

Par ailleurs, il convient de préciser que le prix de revient d’une place de parking est rarement autoporté et il est ensuite très compliqué de la reconvertir à une autre affectation en cas de vacance. La solution la plus raisonnable reste ainsi de laisser le nombre de places de parking à construire, à la libre appréciation du développeur du projet, qui supportera le risque en cas de vacants. S’il en fait trop, il ne les louera pas et s’il n’en fait pas assez, il risquera d’avoir des appartements vacants.

La Commission des transports du Grand conseil a accepté récemment une motion remettant en question la rigidité et pertinence de cette loi. À l’heure du bouclage de ce supplément, le Grand conseil ne s’est pas encore prononcé. Bientôt un assouplissement en vue?

Article paru dans le supplément immobilier de la Tribune de Genève – 14.09.2019

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